Mes humeurs à moi - La poésie est ton amie




Lundi 15 mai 2006

Musiques intérieures

Cerné au coeur de cette nuit empourprée

Je ne distingue que les pulsations écarlates

De mes artères mortifères

Où que se pose mon regard

Il ricoche Infini

Seuls les murs me répondent

Et tandis que les rues s'engourdissent

Je prolonge mes pensées

Au rythme de toutes les envergures

Et des nébuleuses à peine écloses.



Mercredi 10 mai 2006

Quelques Indes - Chroniques du bout d'un monde 3

L'extinction

De mon corps engourdi

Est une évidence

Etranger parmi des étrangers,

Mon regard ne se fixe plus nulle part

Au delà de ces labyrinthes

Extatiques,

Qui m'endurcissent,

Qui me nourrissent,

Se réunissent

Les wagons égarés,

Où cent pales vrombissent,

Où mille indiens sommeillent

Et qui m'emportent loin

Tellement loin



Dimanche 02 avril 2006

Avec toi

Noncer, Renoncer

Un seul mot d'ordre !

Quitter, Déquitter

La vigilance

Alutter, Lutter

Sans brisure

Et pourtant,

Les esquifs de la déroute, de la déveine, de la dérive, de la défiance

Sont là

Charybde frappe, Scylla broie

Me laisser partir

Si aisé, si tentant

Me laisser glisser

Si facile, si prenant

Un spasme ultime pour décoller, un geste unique pour m'envoler

Si tu es là, j'y parviendrai



Vendredi 17 mars 2006

Plaies ouvertes

Je m'éloigne toujours un peu plus à chaque seconde qui s'effondre

Je désertifie mon coeur, le sable coule dans mes veines

Etendre mes bras pour accueillir, et n'en n'avoir plus la force

La gangue me recouvre d'un assourdissant silence cutané

Et je m'engourdis

Noyade dans des eaux stagnantes

Je suis un golem de plomb qui n'a plus qu'un néant à offrir

Cent repères qui s'effacent

Retrouve-moi, parce que je n'y parviens plus.



Mercredi 22 février 2006

Renaissance

Existe-moi

comme si ta vie en dépendait

Existe-moi

à en crever

Existe-moi

pour que plus rien ne m'arrête

Existe-moi

du crépuscule à l'aurore

Car je suis ta chimère

et tu es mon sourcier



Jeudi 09 février 2006

Sépulture descente

Combien de gravats sombreront sur mes landes

Avant que mon sens térébantine écarté

S'ouvre alors ? Ma déveine endémique

A grands coups de lames de rasoirs hérétiques

Se répend dans ma geôle suintante endeuillée.

Auprès de ces brisants, que mon âme se répende !



Mardi 31 janvier 2006

Oscillation désertique

Marcher sans idée préconçue jusqu'à plus soif, jusqu'à plus faim, jusqu'à la fin

Faire rouler les cailloux sous mes chaussures

Respirer à pleine âme

L'odeur du silence

La saveur de l'espace

Me consoler de ma petitesse

Ne pas céder aux noirceurs mortifères

Et te joindre, te rejoindre,

Un moment en tout cas

Te blottir dans ma couette intérieure

Et cheminer

Me consoler de mes impuissances, de mes exigences

Avec toi

Seulement



Lundi 16 janvier 2006

De l'art de briser un mythe

Et oui, j'avoue, (mais j'ai honte), j'ai trouvé un fillon (comme la vilaine Anne Geddes), à savoir l'analyse textuelle de grandes chansons... Je suis retombé sur une superbe chanson du groupe "Il était une fois". La chanson ? (mais vous le savez déjà...) "J'ai encore rêvé d'elle"...

Maestro ? Musique !

J'ai encore rêvé d'elle
C'est bête, elle n'a rien fait pour ça
Elle n'est pas vraiment belle
C'est mieux, elle est faite pour moi

Bon, dès le début, ça commence mal ! Un type nous dit clairement que 1- la fille est moche 2- ça tombe bien, il aime les moches 3- elle ne fait aucun effort pour être belle (et pour qu'on rêve d'elle, donc). Merci, merci...

Toute en douceur
Juste pour mon cœur

Comme le type culpabilise un brin d'avoir dit des choses pareilles, il tente un piteux "Non, mais, je ne suis pas le genre d'homme à coucher le premier soir... D'ailleurs, je suis un grand romantique..." Belle tentative, mon garçon. Mais juste après, voilà les paroles qui tuent :

Je l'ai rêvée si fort
Que les draps s'en souviennent
Je dormais dans son corps
Bercé par ses "Je t'aime".

Notre homme nous révèle qu'il fait des rêves érotiques conséquents ! Si, si, je n'invente rien : il rêve fort, et les draps s'en souviennent ! Ah, bravo ! Il peut toujours nous faire le coup de l'amour tendre ensuite ! D'autant que s'il est bercé par des "je t'aime", cela montre deux choses : 1- il se garde bien de le lui dire, lui, qu'il l'aime ! 2- s'il est bercé, ça veut dire qu'il s'endort quand elle lui parle ! Sympa, le gars !

Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Si je savais où la trouver
Donnez-moi l'espoir
Prêtez-moi un soir
Une nuit, juste, pour elle et moi
Et demain matin, elle s'en ira

Bon, une nana c'est sympa, mais il ne faut pas qu'elle s'accroche... Donc, elle ne vient que pour une nuit, elle dégage le lendemain, et ça se manipule comme une chose ("donnez-moi", "prêtez-moi").

Enchainons sur le duo. Notre femme moche entre en scène...

J'ai encore rêvé d'elle
Je rêve aussi
Je n'ai rien fait pour ça
J'ai mal dormi
Elle n'est pas vraiment belle
J'ai un peu froid
Elle est faite pour moi
Réveille-toi...

Alors, non seulement, le garçon réitère ses gentillesses (elle est moche, donc, on a compris), mais en plus, il ronfle (elle a "mal dormi" pourquoi, à votre avis...) et il prend toute la couverture (elle avoue, à demi-mot, qu'elle a "un peu froid").

Toute en douceur
Juste pour mon cœur
Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Ouvre tes yeux, tu ne dors pas
Si je savais où la trouver
Regarde-moi
Donnez moi l'espoir
Je suis à toi
Prêtez-moi un soir
Je t'aime
Une nuit, juste pour elle et moi
Et demain, enfin je vais me réveiller
Je t'attendais, regarde-moi
A ses côtés, c'est sûr je vais la retrouver
Ouvre tes bras
Donnez moi un soir

ça y est, on frise l'hystérie, la fille hurle qu'elle est là, et lui, il se la joue sourde oreille... Vous savez, comme ces gens lâches qui disent qu'ils vont vous rappeler après une nuit d'amour, et qui vous oublient aussi sec... Et comme il a envie de faire passer son message, il en rajoute une bonne couche ("c'est sûr, je vais la retrouver"... Il regrette, on le sent, là...).

Je suis à toi
Laissez-moi y croire

A bout, la jeune fille s'abandonne. Elle se donne entièrement... Ce n'est pas assez. Il en veut plus, et la traite de grosse menteuse ("laissez-moi y croire"... Sous-entendu, il n'en croit pas un mot !).

Une vie juste pour toi et moi
Et demain matin, tu seras là...

Notez les points de suspension à la fin... Que sous-entendent-ils, hein ?

Voilà les amis, il était temps de rétablir la vérité sur cette odieuse chanson ! Quand je pense qu'il y en a qui embalent encore sur ce vilain slow !



Mercredi 04 janvier 2006

Poussières d'émois

Ombrager mes terreurs orphelines

Qui se mirent sans égard dans les flaques

Rutilantes des miroirs tous éteints

De tes yeux

Si modestes que soient mes suppliques

Elles seront toujours trop tôt reçues

Et trop tard retenues

Par tes filets éclectiques

Lançons donc les dés du hasard

Exposons-nous en entier

Pour que nos angles s'accordent

Et rebondissent

Et s'arrondissent

Et se polissent.



Mercredi 28 décembre 2005

Simple tourment

Le pollen virtuose de nos encres emmelées saura illuminer nos semblables.

Nous n'avons aucune raison valable de nous révolter et pourtant nos entrailles hurlent à la mort. Telles des tessons enflammés, elles se dressent devant les murs, par dessus les ronces et les abattent d'un seul mouvement.

Car nos cris sont ceux de millions de gorges qui nous ressemblent et se rassemblent.

Car nos haines et nos dégoûts sont les mêmes que ceux qui nous ont précédés.

Notre vigilence n'est pas amère. Elle est salutaire.

Et c'est pour ça que chacune de nos notes résonnera bien au-delà de nos univers. 



Jeudi 08 décembre 2005

Deux spectres en fin d'automne

Approche et viens, love-toi en moi et attendons

la fin d'étain

Un crépuscule étend ses tentacules

sur nos espoirs

Et tu attends la tentation de mes nuits noires

pour évoluer au tréfond de mes paumes

Tu es lémure

Je suis hanté

Tu me possèdes

A tes cotés



Mardi 22 novembre 2005

Descentes

S'engouffrer au fin fond d'un ailleurs dérisoire

Accompagné de succubes délicieuses

Parcourir mes Enfers en sachant en amont

Qu'on errera sans détour dans les eaux du Sphinx

Evoluer sur le fil de ma lame de fond

Et se noyer dans tes sables si émouvants

Emerger sans compter dans ta paume écarlate

Et te laisser me recueillir sans m'égarer. 



Lundi 21 novembre 2005

Echoué

Echoué dans les rétines de sirènes dépressives, je tente vainement de m'ébrouer. Tout à l'heure, peut-être, je parviendrai à me détacher de ces rocs aiguisés.

Tout à l'heure peut-être...

Je m'étends et je cherche la lumière d'une aurore orangée. Je ne trouve que l'asphalte d'une nuit infinie. Tout à l'heure, peut-être, je verrai une aube à l'horizon.

Tout à l'heure, peut-être...

Les cavernes systématiques encarapacent mes pensées les plus tendres. Tout à l'heure, peut-être, elles creuseront les parois vipérines pour atteindre l'aérien.

Tout à l'heure, peut-être...

Et j'attends, avide, que la faim qui me ronge les sens s'apaise un instant. Tout à l'heure, peut-être, une main l'aténuera.

Tout à l'heure, peut-être...

Et toi que j'espère, ne me fais plus languir. Mon esprit héliotrope se nourrit de ton aura. Tout à l'heure peut-être, tu sauras me trouver.

Tout à l'heure, peut-être...

Mais, là, tout a l'air bruineux.



Mardi 15 novembre 2005

Incertain

Si parfois je m'égare

En incertains hasards

Et souvent m'oublie

En sinueux ennuis

C'est simplement que la trace de ton absence

Labyrinthe mon coeur

Dédalise mon esprit

Et disloque mes espaces

Pour les tendre vers des infinis bleus marins



Mardi 25 octobre 2005

Ombre

L'hydre aux gènes égarés

s'empare de l'espace embrouillé

étire ses bras oblongs

éclate d'un rire mat

se saisit de sa victime

et l'étouffe sans raison

L'hydre aux gènes écarlates

ne nous est pas étrangère

elle cohabite à nos cotés

et nous tolère depuis toujours

L'hydre aux gènes sans surprise

nous entraine dans des gouffres

dont les abysses insondables

sont ceux de nos solitudes

L'hydre aux gènes carnivores

est un bourreau féroce

qui sans pitié aucune

nous fait sombrer à la dérive

L'hydre aux gènes monstrueux

pour mieux se jouer de nous

vit dans nos ténèbres

dérobe, assassine nos espérances

endosse nos visages

et ne nous aime qu'échoués



Mardi 18 octobre 2005

Naufragé solitaire

Je vogue

A la dérive dans une enclave

Où tu n'es plus

S'élèvent en volutes futiles

Ton parfum improbable

Ton essence éphémère

Perdus dans ces déserts ondulés aux oasis incertaines

Je me couvre des grains

De sabliers épisodiques des plages éparses

Ma voix se penche, son écho tranche

Sur les coraux

Mon ventre s'ouvre

Et j'expose au soleil mi-lunaire

Mes entrailles de plomb

Chauffées à vif

Ecorchées blanches



Mercredi 12 octobre 2005

Zoom arrière

D'impressions en surimpressions

Je marque la pose

Sur nos instants

Damnés.

Souvenirs brumeux aux grains épais

Qui hantent mes focales

Et mes fautes

Hautes en couleurs

Et en couloirs troublants

Et noirs.

Tu danses sur le fil

Aigre

et grisé

De tes objectifs si loin des miens.

Ne reste ainsi

Que des diapos Prisons

Que des photos Matons

Et ton visage en négatif

S'efface

A peine

De mon coeur

Surexposé

Bien trop longtemps.



Lundi 10 octobre 2005

Départs

A travers la vitre

Je te vois passer le long de mes yeux

Le monde s'accélère

Et déjà tu n'es plus

Je te cherche

Et dépose un baiser furtif sur tes phalanges absentes

Le paysage s'enfuit

Mes pupilles s'embrument

Chaque tour de roue

M'enserre

M'éloigne

M'anéantit



Jeudi 29 septembre 2005

Sans perspective aucune

Les murs se referment, les briques s'accumulent

Le ciment s'éfrite et se reforme

De moins en moins d'oxygène dans ce carcan

Où j'évolue bien malgré moi

Serpent encagé, léopard cristalisé,

J'agite infiniment l'envie de me perdre

Vouloir aller au bout de mes cordes

Vocales, si elles me le permettent

Déraciner cet ennui innexorable qui s'engrange sans pudeur

Dans les germes même

D'un ADN condamné par avance

Ramper souterrainement

Dans le labyrinthe pyramidale

Gratter, creuser, remuer,

Sortir de mon terrier

Et admirer

Enfin

L'aube et l'aurore

Qui m'ont patiemment attendu.



Mercredi 31 août 2005

Plaines désertées

Chaque jour qui s'effeuille

est un jour à combler

Et je ressens l'écueil

qui me force à jouer

Mon rôle à la perfection

sous peine d'être rejeté

J'aspire au tourbillon

pour ne pas être noyé

Par mes instincts précaires

où le gouffre se cabre

Mes élans sont grégaires

le couloir est de marbre.



Vendredi 19 août 2005

Sans toit

La nuit m'effleure

Et se referme en m'oubliant

Me voici délaissé au coeur des draps froissés

Dans lesquels je ne bouge plus

Je pourrais perdre l'empreinte

Que tu y as glissé

Perdu dans mes idées partielles

Je tente vainement de te trouver

Je n'ai plus ton visage

Reste tout juste ton odeur

Tes photos sont pleines d'un vide

Pâle reflet

Mes murs sont creux

Mes fenètres ne s'ouvrent que sur le néant

De ma vie de moitié

Qui n'est plus complétée

Par le chuchotement de tes songes.

 



Samedi 13 août 2005

De l'art de créer de la beauté

Il est des moments où la télévision devient un instrument fabuleux et magique. Il est des moments où la télévision rend accessible l'inaccessible. Il est des moments où la télévision fait son boulot.

Dans ces moments-là, lorsqu'on éteint la télévision, on n'est plus tout à fait le même. Quelque chose a résonné en nous.

L'autre soir, sur Arte, ils ont rediffusé une émission de Thomas Riedelsheimer (je ne connais pas ce documentariste, mais, il sait filmer le bougre ! Mille fois chapeau !) sur Andy Goldsworthy. Autant dire que je n'avais jamais entendu parler de lui. Andy Goldsworthy est un artiste qui s'inscrit dans la mouvance du Land-Art. Le Land-Art est un art éphémère, qui ne dure que le temps d'une performance et qui joue beaucoup avec les éléments de la nature.

Andy Goldsworthy travaille sur (et avec) les éléments naturels et sur le temps qui passe. Il crée des oeuvres intimistes ou gigantesques en pleine nature. Il fabrique donc, par exemple, des grosses pommes de pins, empillement de morceaux de glace ou de cailloux.

Voici quelques autres oeuvres de ce lutin pas comme les autres.

                   

Allez faire un tour sur les sites suivants (en anglais) :

http://www.arthistory.sbc.edu/artartists/photoandy.html

http://www.eyestorm.com/events/goldsworthy/

Et voici la page d'Arte avec un prolongement de l'émission (en français) :

http://archives.arte-tv.com/fr/archive_378035.html



Vendredi 29 juillet 2005

Ne rien vouloir...

Ne rien vouloir vivre à moitié

Pas de demi mesure, que des extrémités

Parfois transiger, souvent refuser

A moi-même m'opposer

Vouloir plus et bouger

Partir de zéro, ne pas vivoter

Peu hésiter

Ne pas tergiverser

Assumer, désirer

Exister

Totalement

Le plus possible.



Dimanche 19 juin 2005

C'est le temps où...

C'est le temps où tout est comme aujourd'hui parce que c'est aujourd'hui !

C'est le temps où on retrouve des amis là où on ne les attendait pas.

C'est le temps où on improvise entièrement un dimanche après-midi et où on se sent joyeusement libre.

C'est le temps où on partage, où un dîner devient un pur moment de bonheur et de tendresse.

C'est le temps où on se serre dans les bras et où, putain, ça fait du bien.

C'est le temps où on reprend du poil de la bestiole.



Mardi 14 juin 2005

Dépression climatique

Neige donc sur mes joues

Bruine en moi, brume encore

J'étais si typhoné

Avant que tu te poses

Beau cyclone spitituel

En volutes tourbillons

 

Ta marée monte et ton ressac

Me pleut si fort, j'orage entier

Tu me submerges, ma belle écume

Emporte-moi sur tes brisants

Ecorche-moi sur tes brisants

Recueille-moi le long de toi


Articles 1 à 25 sur 54

Pages: 1 | 2 | 3 |