Mes humeurs à moi



Publi le samedi 08 avril 2006


Samedi 08 avril 2006

De l'art de sentir le vent venir...

En 1983, Yves Boisset tournait "Le prix du danger", avec Gérard Lanvin, Bruno Kremer et Michel Piccoli. L'action se déroule dans le futur. A cette époque, donc, existe un jeu télévisé intitulé "Le prix du danger". Le but est simple : un candidat doit atteindre un lieu précis en un temps donné. Mais cinq autres candidats, sur-équipés et armés, sont chargés de le tuer avant qu'il atteigne son but. A la clef, pour le ou les gagnants : de l'argent. Beaucoup d'argent. L'émission, bien entendu, bat des records d'audience. Même s'il a un peu vieilli, il faut voir Michel Piccoli en animateur télé qui en fait des tonnes.

En 1992, Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde réalisaient "C'est arrivé près de chez vous". Poelvoorde y incarne Ben, un psychopathe Belge, suivi par une équipe de télévision qui fait un reportage sur lui. Tourné comme un vrai documentaire, le film nous plonge dans le quotidien sordide de ce tueur monstrueux (tout y passe, de la vieille dame charmante, à la famille sans histoire...).

Dans les deux films, le spectateur est placé en position de voyeur. Véritable réflexion sur les dérives de la télévision, ces deux films (et particulièrement celui de Boisset, à l'époque) n'ont pas été vraiment pris au sérieux.

Dans quelques jours, commence sur notre merveilleuse chaîne culturelle TF1 (la chaîne du bon goût, de la finesse et de l'intelligence), une nouvelle émission de télé-réalité, directement importée de chez nos amis les Grands Bretons. le principe est simple : des (pauvres et vagues) "célébrités" sont dans la jungle et doivent y vivre tout en surmontant des épreuves affligeantes (dans la version Grand-Bretons, on peut en voir, de ces "people" qui mangent des vers, qui se font couvrir de blattes, qui se font enterrer vivante dans de la boue pleine de rats... ou le contraire, je ne sais plus trop bien...).

Lorsque le film de Boisset est sorti, on l'a jugé dérangeant, violent et invraissemblable... Heureusement que les détracteurs de l'époque n'avait pas une machine à voyager dans le futur... Je pense que ça les aurait rendus bien triste...