Mes humeurs à moi



Publié le vendredi 31 mars 2006


Vendredi 31 mars 2006

De l'art de domestiquer nos démons intérieurs

Il est toujours fascinant de constater le nombre de saloperies qui peuplent nos boites aux lettres électroniques.

Qui n'a pas eu affaire avec les mails proposant des agrandisseurs de pénis, des partages d'héritages (vous ne connaissez pas ? Mais si, c'est le fils ou la fille d'un grand général africain qui fait appel à votre grandeur d'âme et qui vous propose, parce que c'est vous, hein, de partager son héritage, qui se chiffre en centaines de milliers de dollars), des chaînes ineptes (renvoie ce mails et tu offriras un foie à la petite Gandoura, jeune indienne de 8ans, coincée sous un tractopelle depuis vingt jours. Grâce à ton mail, l'hôpital de Delhi va lui en offrir un, puisque ton mail vaut un euro) ou débiles (si tu ne renvoie pas ce mails, tu perdras tous tes cheveux en une nuit et tu gagneras l'intégrale de Guy Béart !), ou encore des messages mystérieux de personnes inconnues (et anglophones) qui vous balance un message sibyllin ("here is the files" ou "Thanks for the pics") avec un joli document joint bien étrange ?

C'est en tout cas l'idée qui m'a traversée l'esprit ce matin quand j'ai découvert un mail de catholique.org. Je me suis demandé si ce n'était pas les Raëliens qui m'avaient balancé (il faut dire que je me suis rendu sur leur site, il y a quelques mois pour télécharger gratuitement l'oeuvre intégrale de leur grand gourou. J'aime bien aller étudier l'argumentaire de ce que je combats. Bon, il faut avouer que la prose du maître est digne d'un élève moyen d'une classe de troisième faible... Mais ceci est une autre histoire...).

J'allais donc balancer le mail en question, lorsque j'ai aperçu un article qui, je l'avoue, m'a alléché :

Que pense la Bible de l’homosexualité ? Que nous propose l’Eglise en sa présence ? 

Ouvrons une parenthèse.

Chaque être est depuis tout petit tiraillé entre une instance de plaisir (c'est le petit enfant qui veut tout tout de suite) et une instance de réalité (c'est l'être responsable qui réfrène les ardeurs du tout petit, qui lui rappelle la loi, les interdits et évacue certains rêves ou fantasmes qui ne seront jamais du domaine du possible). Chacun, suivant son éducation, son histoire, et ses fréquentations, fait comme il peut. Le tout, c'est de gérer l'ensemble du mieux qu'on peut, en laissant une place à chaque instance, si on ne veut pas sombrer dans une profonde névrose.
 
La sexualité n'est commandée que par notre instance de plaisir. Tout le jeu consiste à faire de bonnes tractations avec l'instance de réalité. Facile à dire, et très difficilement réalisable. Parce que, sur le fond, nous avons tous des frustrations sexuelles, à divers moments de notre vie. L'adolescence de chacun d'entre nous peut, entre autre, en témoigner.
 
La religion a malheureusement voulu fourrer son nez là dedans, prétextant que toutes les affaires humaines la regardaient, et s'immisçant donc dans le champ du Privé de chaque individu. A partir de là, la religion a commencé à vouloir tout simplifier : pour elle, il y avait deux entités 1- L'esprit (BIEN) 2- Le corps (MAL). La preuve que le corps représentait le Mal, c'est que le corps sécrétait toutes sortes d'humeurs nauséabondes (odeur de sueur, de pied, de dessous de bras), nous obligeait à aller aux toilettes (beurk, beurk !) et surtout, surtout, avait des réactions incontrôlées (l'érection chez les hommes, par exemple), et ça, ce n'était pas bien. L'esprit étant supérieur en tout point au corps, il ne fallait pas que le corps puisse décider quoique ce soit.
 
En se mêlant de sur-règlementer la sexualité, la religion crée depuis des décénnies des générations de névrosés qui souffrent de ne pouvoir vivre une sexualité épanouie.
 
C'est là qu'on arrive à l'homosexualité. De même qu'on affirme que les juifs ont de l'argent, ou que les noirs ont le rythme dans la peau, deux grands lieux communs circulent sur les homosexuels 1- les gays sont toujours plus beaux que leurs congénères hétérosexuels 2- Les homos (et surtout les hommes) passent leur temps à baiser, tandis que les hétéros vivent dans un Sahel érotique qui les fait uniquement passer une ou deux fois par mois dans des oasis minuscules de sexualité.
 
Lorsqu'on est heureux, il est bien rare que le bonheur d'autrui nous insupporte. Mais lorsqu'on est malheureux...
 
Le religieux de base ne peut supporter l'idée que d'autres puissent vivre une sexualité, quelle qu'elle soit. Et cette stigmatisation sur l'homosexualité est significative. J'exagère ? Alors lisons ensemble quelques extraits de l'article paru sur catholique.org. (l'intégralité du machin sur ce lien : http://www.catholique.org/QE/181-L-Eglise-est-t-elle-homophobe )
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L’homophobie, ou « peur de l’homosexualité », est une expression fréquemment utilisée par les militants homosexuels pour stigmatiser ceux qui n’expriment pas des idées favorables à leurs revendications, sous prétexte que leurs opposants auraient soi-disant une peur irrationnelle des rapports entre personnes du même sexe. Mais cette accusation est sans fondement, car on peut très bien être en désaccord avec certains comportements, sans pour autant en avoir peur. L’Eglise, à la suite du Christ, nous apprend d’ailleurs à toujours « haïr le péché, mais à aimer les pécheurs ».

Comme une bonne mère qui aime ses enfants, l’Eglise doit savoir nous indiquer nos erreurs, pour nous aider à guider nos vies, c’est-à-dire POUR NOTRE BIEN. L’Eglise a en effet reçu du Christ le devoir d’éclairer les hommes : Sans lumière, on trébuche et on tombe ! Accuserait-on un médecin d’être patiento-phobe parce qu’il prescrit des traitements exigeants à ses patients ?

L’homosexualité se présente souvent, chez les personnes homosexuelles, comme une définition constitutive de leur être même : « Je SUIS mon homosexualité, et donc, condamner l’homosexualité, c’est me condamner. » Cette erreur provient du fait que la sexualité, comme la religion, est le lieu où s’exprime ce qu’il y a de plus intime dans le cœur de l’homme. Les hommes sont par nature des êtres relationnels. C’est pour cela que la sexualité peut prendre un caractère quasi « religieux », et parfois même se transformer en forme d’idolâtrie.[...]

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique affirme ensuite que les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés, contraires à la loi naturelle » (CEC 2357). Dans les Saintes Ecritures, l’homosexualité est considérée comme un « dépravation grave » (Gn 19, 1-29 ; Lv 20, 13 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10). L’Eglise invite donc les personnes qui ressentent ces tendances à renoncer à les mettre en pratique, avec une grande confiance dans l’amour infini de Dieu.

Le Catéchisme rappelle aussi que l’homosexualité, pour beaucoup de gens, est une épreuve. « Ces personnes doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. » (CEC 2358). Quand un chrétien manque de respect vis-à-vis d’une personne homosexuelle, il s’oppose donc à ce que lui enseigne l’Eglise.

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J'attire votre attention sur cette tolérance molasse qui dégouline de cette article. Bien sûr que l'Eglise accepte les homosexuels... à partir du moment où ils changent ! Parce que bon, faudrait pas trop déconner non plus, tout de même ! Les homos sont de grands enfants égarés qui font une "erreur". Heureusement, l'Eglise, telle un bon père, donne la voie à suivre.

Car l'Eglise est bonne... N'empêche qu'on notera que l'homosexualité est un "péché", du à un aveuglement ("sans lumière on trébuche et on tombe"), c'est aussi la conséquence d'une "idolâtrie du sexe" (quand je vous disais qu'on est dans le cliché...) et c'est une dépravation grave... Et attention, hein, pour enfoncer le clou, on n'hésite pas à faire appel à l'argument d'autorité : non seulement CEC s'en mêle (putain ça rigole pas !), mais, en plus, Gn 19, 1-29 ; Lv 20, 13 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10 viennent à la rescousse...

D'habitude, suite à leurs articles, on peut mettre des commentaires. Or, à la fin de celui-ci, on peut lire la chose suivante : Les réactions pour cet article ne sont pas publiées.

Et là je reste dubitatif. Sont-ils si sûr d'eux qu'ils ne pensent pas qu'on puisse ne pas être d'accord avec eux, ou ont-ils eu peur que je leur envoie mon post ?