Mercredi 1 mars 2006
Hier et aujourd'hui, à la Conférence de Paris (qui réunit une soixantaine de ministres, et d'ONG, ainsi que 17 Organisations internationales) le Prince qui nous gouverne défend son idée phare de la taxe sur les billets d'avion afin d'aider les pays les plus pauvres.
De mon coté, je ne peux m'empêcher de m'interroger. En effet, cette idée, pas tellement plus bête qu'une autre, me semble tout de même reposer, une fois de plus sur de la charité... Et j'ai beau me dire que c'est toujours ça de pris, je ne peux, en même temps, m'empêcher de penser qu'il ne s'agit que de miettes, destinées à se donner bonne conscience.
Oyez, les pauvres ! Vous profitez allègrement des industries occidentales les plus polluantes dans vos pays, parce que ça arrange l'Occident, et qu'elle peut le faire sur vos terres ? Vous acceptez sans broncher que l'homme blanc tout puissant puisse prendre vos sentiers pour des pistes de courses ? Vous vous régalez à l'avance d'être à la merci des cours boursiers qui font, en un rien de temps, s'effondrer les prix de vos récoltes ? Vous remerciez les grandes industries du Nord de vous faire découvrir les bienfaits des OGM ? Et en plus vous avez faim ? Et vous avez choppé le SIDA ? Rassurez-vous, les pauvres ! On va vous filez quelques menue monnaie afin de palier à quelques-unes de nos erreurs...
Je sais, je suis limite de mauvaise foi... N'empêche... Ces mesures ne sont que des erzats, destinées à nous alléger de nos remords. J'imagine par exemple la bonne conscience de ceux qui s'envoleront pour Bangkok faire du tourisme sexuel... Je suis sûr qu'ils seront heureux d'apprendre que, grâce à eux, les pauvres seront un zeste moins pauvres.
Alors, oui, c'est toujours ça de pris, mais ça ne suffit pas. D'accord, commençons par cela, mais ne nous voilons pas la face. ça ne suffit pas. Ces mesures ne peuvent être qu'un point de départ pour une vraie réflexion collective. Et cette réflexion peut aussi englober la gestion de l'argent par les états eux-mêmes. Nous payons des impôts. Pourquoi ne pas inclure, dans nos impôts une tranche spéciale de solidarité, qui pourrait être investie dans des grands projets de vaccination, de formation de médecins, de profs dans les pays les plus pauvres ? Pourquoi ne pas inclure dans nos impôts une tranche réservée à de grands projets écologiques dont toute la planète bénéficierait ?
Parce que, si la charité peut soulager un temps, elle n'est, en aucun cas, une solution à moyen ou à long terme. Elle ne fait que maintenir les individus dans un état de dépendance vis-à-vis de ceux qui leur font l'aumone. Et, franchement, ça me gonfle de jouer à la dame patronesse vis-à-vis des pays les moins favorisés.
Publié par Estebàn
à 2006-03-01 09:09:15
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