Mes humeurs à moi



Publié le mardi 24 janvier 2006


Mardi 24 janvier 2006

De l'art d'aller toujours plus loin

Le cinéma d'horreur et fantastique s'est tout particulièrement spécialisé dans les suites (appelée aussi séquelles). Pour faire une suite, c'est assez simple. D'abord, vous reprenez, grosso modo, les mêmes personnages et la même histoire. Ensuite, vous en faites PLUS. Peu importe que votre histoire s'appauvrisse, peu importe que ce soit une pâle photocopie de l'originale, pourvu que vous en ayez fait PLUS. Plus de morts, plus d'effets spéciaux, plus de monstres, plus de cascades... Certaines suites du cinéma se portent bien. Je repense à Vendredi 13 (qui compte 10 films, sans parler de "Freddy contre Jason") aux Freddys (6 films + "Freddy contre Jason"), aux Aliens (3 suites + "Alien contre prédator"), aux exorcistes (4 films), aux amityvilles (trois sorties ciné, sans compter une plétore d'autres directement sorties en DVD)...

De la même manière, notre société de consommation invente sans cesse mille et un gadgets technologiques. Le but est toujours d'en faire plus, de sortir LA nouvelle version qui détronera l'ancienne. Peu importe le résultat sur le consommateur (surendettement, dépendance, danger sur sa santé...) ou sur l'environnement (pollution, production de déchets, disparition d'écosystèmes...), pourvu qu'on ait un profit à la clef, et un profit à court terme.

Avec Internet, on a balancé dans nos mains des tonnes de progrès. On nous a vendu des graveurs toujours moins chers, des lecteurs de D-VIX, des mémoires géantes, des disques durs monstrueux et des modems qui permettent de monter à 20 mégas. Des industriels ont créé tout ça. Ils savaient bien ce qu'ils faisaient. Mais ils l'ont fait qunad même. Juste au nom du profit immédiat.

Aujourd'hui on se retrouve avec des gens qui veulent culpabiliser les internautes, les emprisonner, et les mettre sous la contrainte de loi... Le téléchargement, c'est du vol, les téléchargeurs sont des pirates. Mais ne fallait-il pas y songer avant ? Que croyaient-ils qu'on allait faire avec des graveurs ? Copier nos disques durs, stocker nos photos de nos vacances à la Bourboule ?

Arrêtons cette hypocrisie. Oui, des internautes se comportent comme des goinfres, à télécharger à tout va, mais ils ne sont que le reflet du système libéraliste qui fait exactement la même chose. Il suffit de se mater "le cauchemar de Darwin" de Hubert Sauper pour s'en convaincre.

Alors, d'accord, arrêtons le délire, éduquons les gens, donnons des vrais moyens de réfléchir, et prenons le temps. Mais prenons-le vraiment. Que Bill Gates cesse de sortir sans cesse des nouvelles versions de Windows, et qu'on arrête de produire de nouveaux modèles de tout et de n'importe quoi...

Il est toujours intéressant de constater qu'un système libéraliste ne peut s'empêcher de scier la branche sur laquelle il repose. Le but, qui est de s'enrichir à tout prix et au plus vite, est absolument incompatible avec la moindre morale ou la plus petite once d'intelligence.

Il est un proverbe indien qui dit, en substance, que quand le dernier arbre sera coupé, la dernière rivière asséchée et le dernier animal tué, l'homme verra que les billets de banque ont un goût bien fade. Je ne peux m'empêcher d'y songer.



1 Commentaire :

Commentaire écrit le mercredi 25 janvier 2006 à 05:42:27 (lien)
Isabelle - http://isabellemenetrier.monblogue.com
Et oui, on pousse au vice et après on s'étonne, on joue les outragés. Quel monde vraiment ! Si la justice était vraiment intègre, elle remonterait jusqu'aux créateurs des objets du délit... On rigolerait un petit peu...


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