Mes humeurs à moi



Publié le dimanche 8 janvier 2006


Dimanche 8 janvier 2006

De l'art de rester égal à soi-même

Le cinéma fantastique a toujours été un vivier à génie. Les autres genres aussi ont leur génie bien sûr, mais beaucoup de réalisateurs importants actuels sont des réalisateurs qui passent (ou sont passés) par le fantastique. Parce que le fantastique, contrairement à ce qu'on pourrait croire, est un haut lieu d'engagement et de subversion.

Mais souvent, la subversion est rapidement récupérée par le système qui tente à tout prix de s'emparer d'elle et de l'affadir (on voit ce que sont devenus des courants comme la techno ou le rap par exemple).

Peut-on concilier succès et art ? Peut-on allier génie artistique et gros chiffres au box-office ? Difficile...

Prenons deux exemples de réalisateurs fantastiques : Tim Burton et Sam Raimi.

Sam Raimi, c'est le génial réalisateur de "Evil Dead". "Evil dead", c'est LA référence des années 80 en film d'horreur. Réalisé avec peu de moyens, le film n'en est que plus impressionnant. Bourré d'inventivité, le film nous laisse à bout de souffle... Le succès est arrivé, et voilà que notre réalisateur a eu l'idée (malheureuse ?) de tourner le remake de son film. Etait-ce utile ? Voilà en tout cas "Evil dead 2" suivi par un "Evil dead 3" qui va franchement dans la déconne... Pourquoi pas. Puis, arrive "Dark Man", une sorte de sombre super héros, qui connaîtra quelques suites bien peu utiles... Aujourd'hui, Sam Raimi, c'est "Spiderman 1 et 2". Quel rapport entre "Evil Dead" et "Spiderman" ? Aucun... Peut-être que l'homme est passé à autre chose... En tous les cas, le génie de "Evil Dead" est devenu un honnète réalisateur comme il y en a à Hollywood...

Le cas de Burton est plus triste peut-être encore. Parce que Burton a tout de même un paquet de bons films à son actif. "Beetlejuice" par exemple est hallucinant. On y sent un véritable plaisir d'enfant. Je ne parle même pas d'"Edward aux mains d'argent" ou de "Ed Wood", véritables ôdes aux freaks. Je repense aussi à ce fabuleux court-métrage "Vincent", où un petit garçon se prenait pour Vincent Price (qui joue son dernier rôle dans Edward, d'ailleurs). Et même ses "Batman" restent des films personnels. Mais, petit à petit, son avant-gardisme et sa griffe sont devenues plus banales, plus lissée, pour nous donner des films un peu décevants ("Charlie et la chocolaterie", sans être un mauvais film, ne ressemble plus à rien sans Johnny Deep par exemple...) ou carrément indigne (n'importe quel tâcheron d'Hollywood aurait pu faire cette vilaine "Planète des singes"). Où est donc passé le Tim Burton qu'on peut lire dans "La triste fin du petit enfant Huître et autres histoires" ?

Pourtant, il en reste au moins un qui a su ne pas se renier pour l'instant, et j'ai nommé Monsieur Peter Jackson. J'ai vu, il y a peu, son "King Kong". J'avoue que je craignais un peu la vision du film. En effet, j'avais un peu peur de perdre le réalisateur du superbe et poignant "Créatures célestes" (l'histoire de deux jeunes filles, dans les années 50 en Nouvelle-Zélande, dont l'amitié se transforme en amour, et qui se créent un monde à elles), du délicieux "Fantômes contre fantômes", des formidables "Seigneur des Anneaux" et surtout du jouississime (ça ne se dit pas mais tant pis !) "Braindead", LE film qui fait aimer les tondeuses à gazon...

"King Kong" est impressionnant. Les trois parties du film (Le New-York des années 30 en pleine crise / la forêt géante de King Kong / King Kong à New-York) sont fabuleuses. Le seul regret est cette relation un peu chaste à mon goût entre le Gorille et la belle... La partie centrale est excitante comme un Grand Huit. Il FAUT voir la poursuite avec les dinosaures au bord d'une falaise, et SURTOUT la scène avec les insectes géants qui renoue avec les premiers films du maître.

Et puis, on est sensible au personnage du réalisateur, qui fait tout pour faire son film, qui se met en danger, qui affronte les producteurs et qui protège, tel un enfant sa caméra et son film... Bel hommage au septième art...

Comme quoi l'argent ne crame pas forcément les individus... ça laisse de l'espoir...



2 Commentaires :

Commentaire écrit le lundi 9 janvier 2006 à 09:44:00 (lien)
Isabelle
Pour moi Tim Burton est toujours aussi génial. Mais c'est vrai que ses meilleurs films sont ceux où excelle le talentueux Johnny Depp. Celui-là, c'est le Charlie Chaplin de notre époque. Il est absolument grandiose.


Commentaire écrit le lundi 9 janvier 2006 à 02:06:58 (lien)
nico - http://spaces.msn.com/members/nicoloo/
meilleurs voeux stéphane...
J'étais dans le sud pour les fêtes, il semblerait que nous ayons une connaissance en commun... en même temps, pas difficile, très petite la région ;)


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