Lundi 26 décembre 2005
Quoi de mieux qu'un bon pire film lorsqu'on a l'occasion d'en visionner un ?
Mais, à travers la luxuriante et foisonnante production cinématographique, il n'est pas toujours aisé d'en repérer un. C'est un peu la raison d'être de cette chronique chaotique qu'est "le pire film".
Pour vous, j'en ai dégoté un nouveau. Bon, d'accord, c'était facile. Je me suis fié au réalisateur, à savoir Paul Anderson... Mais si... Le type à qui l'on doit les fabuleux "Resident evil" (comment ça a été traduit au Québec, au fait ? "L'habitant diabolique" ?). Il faut voir au moins le premier pour se rendre compte combien Paul Anderson se moque de son public, et le prend pour un décérébré de moins de 15 ans qui n'a jamais vu ou entendu parlé, en vrac, de "La mutante", de "2001 l'odyssée de l'espace", de "Zombies", ou de "La nuit des morts-vivants", ce qui lui permet de piller allègrement des scènes entières...
Le dernier chef-d'oeuvre du Maestro se nomme "Alien VS Prédator". Là, pour le coup, Paul Anderson pouvait pomper à mort dans les six films précedents (4 Alien et 2 prédator). Il n'a pas pu résister à ce projet, le coquinou !
Pour la petite histoire, ce projet trainait dans les cartons des studios depuis un moment.
Il aurait pu y rester.
Cette rencontre improbable entre deux grosses licences (à savoir Alien et Predator) repose sur un improbable mixage (nous revient alors, de sinistre mémoire, le "somptueux" monument du cinéma "Freddy VS Jason"...) et raconte l'histoire de gens qui trouvent une étrange pyramide à des dizaines de mètres sous terre. Ils vont la visiter. Et en fait, ils comprennent trop tard que cette pyramide est une sorte de temple à épreuves pour une race d'extra-terrestre (les Prédators). En effet, lorsque le prédator atteint un certain âge (je suppose, parce que ça n'est pas dit clairement dans le film...), disons lorsqu'il atteint le cap de la puberté, que des poils disgratieux envahissent son corps et qu'une furieuse poussée de testostérone coule jusqu'aux profondeurs ultimes de son être, il doit aller dans la pyramide affronter une autre race d'extra-terrestre, baptisée les "aliens" (je sais, ce n'est pas très original, mais les scénaristes n'avaient pas d'autre nom). C'est un rite initiatique pour devenir un adulte. Et nos amis humains se retrouvent coincés entre deux feux...
Bon, disons-le clairement, ce film mérite son appellation de "Pire film", car tout est inepte et bourré d'invraissemblances. C'est mal filmé, plutôt laid dans l'ensemble, et surtout un souffle d'inutilité plane sur le projet en général...
Il faut voir ces personnages dont on se fiche royalement. Pas un pour rattraper l'autre. Mais le cinéaste ne se dégonfle pas, et nous offre près de trois quart d'heures de non-action pure durant lesquelles nos personnages à la psychologie anorexique se baladent en tee-shirt, ou en vague combinaison, le long d'une "étrange" ville de pêcheurs abandonnée au fin fin de l'Arctique (ou de l'Antarctique, je ne sais plus... Mais le réal' n'a pas trop l'air de le savoir non plus..). Clin d'oeil du réalisateur : l'entrepreneur de service n'est autre que le cyborg employé dans Aliens de Carpenter. Y aurait-il un rapport ? Bon, pourquoi pas... Mais on n'en saura pas plus...
Ensuite, l'action arrive (on sort d'une molle léthargie... Tiens, un cri, tiens, une explosion...), et là, les personnages meurent à une rapidité impressionnante (mais, on a déjà plus ou moins décroché à ce stade). Heureusement, la gentille de service (L'ultime survivante des humains, celle qui avait prévenu l'entrepreneur que son expédition était du suicide... Ah... S'il l'avait écouté......) va s'allier avec un Prédator et deviendra l'une des leurs, carrément (ah, c'est pas à vous que ça arriverait, bande de jaloux !).
Pour achever de vous convaincre de vous ruer louer ce bijou, voici un extrait du dialogue, rien que pour vous : Une jeune femme prend un pistolet pour partir en expédition. Une autre (la gentille de service) lui fait remarquer qu'elle n'en aura pas besoin. La première de répondre ceci :
"C'est comme la capote. Mieux vaut en avoir quand on n'en a pas besoin, que de ne pas en avoir quand on en a besoin !".
Si vous avez des cadeaux de Noël en retard à faire à des personnes que vous détestez, n'hésitez pas...
Publié par Estebàn
à 2005-12-26 13:25:54
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