Mes humeurs à moi



Publié le vendredi 23 décembre 2005


Vendredi 23 décembre 2005

Carnet d'Irlande 2

Suite de mes notes de voyage, suite de mes réflexions.

"Mardi 20 décembre

On ne va voir ailleurs que pour combler un vide en soi

Gare des bus. On y retrouve l'attente que l'on appréhende qu'en voyage. Inutile de la chercher dans son quotidien. C'est une attente qui se résume à un banc en bois ou en feraille et qu'on occupe à coté d'autres inconnus. Notre univers se résume à notre sac et à notre occupation de banc, rien d'autre.

Comment décrire un événement sans le déflorer ? Faut-il parler de ce qu'on vit, de peur de le flétrir bien trop vite ? Faut-il encager les impressions à grands coups de mots ? Est-il nécessaire de seulement raconter ce qu'on a vécu ? Je veux dire lorsqu'il n'y a pas lieu d'en tirer un quelconque enseignement, excepté pour soi-même ?

Je ne raconterai guère ce que j'ai vécu hier soir, parce que justement, j'ai beaucoup trop aimé ce simple moment, fait de hasards et de coincidences.

Que raconter de toute façon ?

Hier, j'étais dans l'instant présent, peut-être plus encore que jamais. Les choses se sont déroulées comme je l'ai voulu.

Beaucoup de mes voyages contiennent leur acmé. Nuits blanches qui finissent sur des levers de soleil, discussions uniques, baisers tendres, ballades impressionnantes, amitiés intenses...

Je repense par exemple à cette soirée avec Emilie, à Cork, le long des pubs, l'été dernier. Tout pouvait se passer, et pourtant, ce n'est pas arrivé. La beauté est aussi contenue dans le non-faire, dans l'absence.

C'est pour cette dose que je voyage.

Rien n'est plus décevant que de ne pas l'éprouver. En même temps, on ne peut l'exiger ni même la rechercher à tout prix, sous peine de la perdre, justement.

Voyager, voyager à tout prix. "

(à suivre)