Jeudi 20 octobre 2005
Vous l'aviez oublié (bande d'ingrats) et pourtant le Pire Film vous guète toujours... Il est là, telle une bête avide qui, il y a fort longtemps, a pris goût au cannibalisme et à la chair humaine...
Ma victime du jour n'est autre que le pire que peut nous servir Hollywood quand elle y met du sien. Il s'agit de "Trouble jeu" (en anglais "hide and seek"... Comment ça a été traduit au Québec ?) de John Polson (il mérite à peine que je le cite le bougre, tellement son film est honteux, mais bon...) avec Robert De Niro (qui, décidement collectionne les films pas déments en fin de carrière... Outre son rôle poignant dans "Mon beau-père et moi" et sa suite, on retiendra ce personnage extraordinaire qu'il compose dans la publicité pour American Express...).
En deux mots, l'histoire suit une petite fille dont la mère se suicide. Le père, qui n'avait rien vu venir, décide de quitter New York, avec la sus-dite fille, pour aller vivre à la campagne, afin de se retaper un peu. Oui, mais voilà : les ennuis commencent. La fille semble découvrir un ami imaginaire prénommé Charlie... Et Charlie ne semble pas aimer le père... En plus, des événements mystérieux commencent à troubler le quotidien de nos deux héros. Et là, les questions pleuvent : Charlie n'est-il vraiment qu'un ami imaginaire ? Et s'il existait ? A moins que la fillette soit folle ? Et si c'était les voisins, qui, eux, ont perdu leur petite fille ? Fromage ou dessert ? Coquillages ou crustacés ?
A ce stade du film, on se fout royalement de ces questions. Pour la bonne et simple raison qu'on a envie de mettre des tas de claques au scénariste (dénonçons-le celui-là, tiens. Il s'agit de Ari Schlossberg... Honte sur toi, Ari !), parce qu'on sent que le garçon, affublé de son réalisateur, nous prend vraiment pour des amnésiques notoires. Pas une idée, pas une scène qu'on ait déjà vue quelque part. Son influence principale, c'est bien sûr le Shinning de Kubrick et tout l'univers de Stephen King. Outre le générique de départ repompé avec un plan aérien d'une voiture qui traverse la nature sauvage sur des routes désertes, on retrouve, en vrac, une action qui se situe dans le Maine, la présence d'une Coccinelle (la voiture de Jack Nicholson dans Shinning et de Christopher Walken dans Dead Zone), le fait que De Niro écrive (un journal de bord) et qu'on se rende compte à la fin, que son carnet est totalement vierge (Nicholson dans Shinning écrit un manuscrit qui contient, sur des pages entières, "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras"... Ce qui revient au même), une scène de bal digne de celle de l'hôtel Overlook, des portes d'ascenseur qui se referment avec un beau couloir blanc (j'ai vu ça où, moi ?... Ah oui ! Dans Shinning, merci !), de l'écriture rouge sur les murs de la salle de bain ("Redrum" écrivait Danny sur le miroir de la salle de bain... Mais on retrouve aussi l'idée dans "Vue imprenable sur jardin secret", de King, adapté récemment sous le titre "fenètre secrète" avec Johnny Deep) et, at last, but not at least, LA SCENE où De Niro, armé d'un couteau, tente de défoncer une porte, fermée à clef, avec de l'autre coté sa fille (je sais, Nickolson avait une hâche... On va pas chipoter... Un couteau ou une hâche, ça coupe et ça caractérise les psychopathes, un point c'est tout).
Heureusement qu'on m'a prété le film, tiens...Quand je pense que pour vendre cette soupe, on a inscrit, au dos du DVD, des extraits de critiques ("Un opus délicieusement manipulateur. Efficace et terrifiant" L'écran fantastique / "Un scénario habillement agencé" Télé 7 jours / "Haletant" Télérama)... Tu parles, la seule chose de vraie, c'est le slogan accrocheur inscrit sur l'affiche "L'horreur a un visage que l'on ne soupçonne pas." C'est certain... L'horreur, ici, c'est bien le film lui-même !
Il y a vraiment des coups de pelle dans la figure qui se perdent... Dans le genre de celui que De Niro claque au shériff de service, vers la fin du film. Du travail bien fait, ça il faut le reconnaître...
Publié par Estebàn
à 2005-10-20 12:39:40
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