Mes humeurs à moi



Publié le vendredi 17 juin 2005


Vendredi 17 juin 2005

De l'art de comparer et d'associer

La publicité reprend toujours les mêmes recettes. Parce que ce sont celles qui marchent invariablement. S'il y a bien un haut lieu de conservatisme, c'est du coté de la publicité qu'il se trouve. J'en veux pour preuve la dernière campagne de la Banque Nationale de Paris pour un nouveau produit, un crédit en l'occurence.

Fidèle à sa ligne de conduite, cette campagne s'inspire de l'univers du cinéma et reprend à son compte certains éléments de l'affiche de "Hot spots" de Dennis Hopper (à ne pas confondre avec "Hot shots" des frères Zucker et Abraham) ainsi que de "Wild at heart" de David Lynch ("Sailor et Lula", en français. Un film absolument décoiffant, fabuleux conte de fée moderne).

On voit donc sur fond rouge, en insert, le regard d'une femme, et celui d'un homme (hommage à Sergio Leone ?). Ensuite, en plan américain, l'homme se tient contre la femme qui l'enlasse. Enfin, plan large sur des palmiers.

Le nom du produit est situé en dessous des deux inserts : Crédit Attraction.

Tout est dit dans le nom de ce produit. L'amour et le désir sont tout à fait compatibles avec l'argent. Tout le suggère dans la photo centrale : la couleur de l'or s'allie parfaitement avec le rouge passion du fond de l'affiche. Les palmiers, en bas, sont ici le symbole de la richesse. Sommes-nous à Cannes sur la Croisette ou du coté de Beverley Hills à Los Angeles ? En tout cas, c'est sûr, on est à l'abri du besoin. Enfin, le sous-titre est on ne peut plus clair puisque ce crédit va me "séduire".

Histoire d'enfoncer le clou, cette publicité va plus loin. Le produit est un produit masculin (on dit UN crédit). Or on nous présente un homme (un vrai, le genre hidalgo, avec les lunettes qui tuent, attention) qui a fait succomber une femme. Si on associe l'homme au credit, on peut donc conclure que la femme aime l'argent, et qu'elle est prête à vendre son corps pour en obtenir... Finalement, la femme n'est qu'une prostituée...

Voilà. Sous couvert d'humour, une fois de plus, nos amis publicitaires assènent les mêmes messages réactionnaires, qui flattent la majorité, qui s'adressent avant tout à notre cerveau reptilien (celui dont je parlais hier).

Le fric et le cul, des valeurs sûres ! Je me demande si, pour gagner des lecteurs de mon blogue, je ne devrais pas mettre plus de Ferrari, de Porsche et de filles à poil... Va falloir que j'y réfléchisse sérieusement...



3 Commentaires :

Commentaire écrit le lundi 20 juin 2005 à 17:31:40 (lien)
zero
Peut-être est-ce là, mis en contexte, le point de vue type de qui n'est pas banquier mais envierait de le devenir. Ou de qui voudrait s'amputer de son cerveau reptilien. Ou encore,,, eh bien je te cède la tierce alternative.


Commentaire écrit le lundi 20 juin 2005 à 11:10:14 (lien)
estebàn
C'est plutôt la question inverse qu'il est intéressant de se poser : les banquiers sont-ils des reptiles en puissance ? ;-)


Commentaire écrit le dimanche 19 juin 2005 à 20:56:31 (lien)
zero
Si ton cerveau reptilien crie famine, la recette du style 'roman Harlequin collection rouge passion' serait peut-être plus payante pour toi que changer le contenu de ton carnet web.

Mais j'ai un petit bogue avec le fait d'associer l'argent au cerveau reptilien. Est-ce que les reptiles étaient des banquiers en puissance?


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