Mes humeurs à moi



Publié le lundi 28 mars 2005


Lundi 28 mars 2005

De l'art de vider de sa substance une belle idée

Le libéralisme et la société de consommation ont une sainte horreur de tout ce qui peut épanouir l'individu, de tout ce qui peut le rendre libre. Sont donc par définition les ennemis des doctrines libéralistes tout ce qui est du domaine de la gratuité, à savoir, l'amour, l'amitié, le bonheur, et tout ce qui permet d'y accéder à savoir le temps, la culture...

1968 a été, en France, un mouvement extrêmement fort qui a mis à bas une société patriarcale. Ce mouvement a été quelque chose de fondateur pour les individus qui ont suivi, et la plupart des acquis individuels (le droit de faire ce qu'on veut de son corps, que l'on soit un homme ou une femme, par exemple) sont issus de ce formidable réceptacle d'idées.

Malheureusement, après avoir remis en cause le système, beaucoup des combattants ont fini par baisser leur garde, afin de jouir un peu des fruits de ce qu'ils avaient créé. Et, pendant ce temps, la société patriarcale et oppressive est revenue par la petite porte, celle du cellier, qu'ils étaient pourtant persuadés d'avoir fermé...

Trente-cinq ans après 68, voici la nouvelle campagne de publicité des hypermarchés E. Leclerc...

Reprise des images symboles de soixante-huit, reprise du vocabulaire (le verbe "oppresser"), et hop, détournement du message, retour à 180°. Cette affiche s'opposait à l'état policier... Aujourd'hui, elle sert la soupe à ce qu'elle combattait voici trente ans. Affreuse ironie du sort. Et ça ne choque personne... parce que les publicitaires sont arrivés à nous faire croire que c'est de l'humour...

Dans l'humour, on trouve toujours une terrible part de vérité. Et cette vérité, dans le cas présent, est plutôt âpre...

 



3 Commentaires :

Commentaire écrit le lundi 28 mars 2005 à 15:56:24 (lien)
Estebàn
A l'adresse des personnes qui utilisent l'encre invisible, et à celle qui, ce jour, ont eu la gentillesse de mettre de ravissantes (mais assez hors de propos) images... Honnêtement, vous n'avez rien de mieux à faire ? Remarquez, non... Puisque vous le faites... Oubliez ma remarque ;-)


Commentaire écrit le lundi 28 mars 2005 à 15:53:53 (lien)
estebàn
Je ne pense pas Somebaudy. Parce que, modestement, j'essaye de démonter les mécanismes de la publicité en analysant à mon niveau l'image. Mon but, c'est justement de donner quelques clefs d'analyses, comme d'autres l'ont fait avec moi.
Parler d'une marque, la citer et la vanter est une chose. La décrypter, pour mieux déceler les pièges en est une autre. D'autant que les "pièges" de la pub sont des choses assez grossières et facilement décelables (tout simplement parce que les publicitaires nous prennent pour des cons, incapables de comprendre...). Une fois que tu as compris le mécanisme sur une marque, tu peux le repérer sur toutes les marques, à chaque fois qu'il est employé. Dès que tu as compris comment les créatifs de pub traitent la femme (une pute ou une mère, en gros), il est inutile de faire de longues démonstrations...
Enfin, je doute être la cible des hypermarchés Leclerc, de même d'ailleurs que tous les lecteurs de mes billets d'humeur.
Maintenant, oui, certaines publicités jouent sur le fait qu'on va polémiquer sur elles. Benetton en est l'exemple typique... Mais là encore, je pense que filer quelques tuyaux d'analyse d'image à partir d'exemples concrets (comme celui de Leclerc aujourd'hui) va plutôt à l'encontre de toute stratégie marketting. Mais il faudrait leur demander.


Commentaire écrit le lundi 28 mars 2005 à 04:44:49 (lien)




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