Mes humeurs à moi



Publié le mardi 5 octobre 2004


Mardi 5 octobre 2004

des listes, des listes, oui mais des listes amies ;-)

J’aime les listes. Cela donne des objectifs concrets. La première liste est

la liste des choses simples à réaliser que je n’ai pas encore faite dans ma

vie.

Liste simple :

1- Aller dans le hammam de la mosquée de Paris.

2- Faire l’amour tandis que dehors, l’orage se déchaîne.

3- Prendre une ligne de bus et la faire d’un bout à l’autre. Pour voir.

4- Sortir à une station de métro que je ne connais pas et explorer les

alentours.

Maintenant la liste des choses plus difficiles à réaliser (mais que je

compte faire tout de même !).

Liste moins simple :

1- Partir maintenant, là, tout de suite dans un pays lointain.

2- Passer un été à retaper une vieille maison que j’ai acheté.

3- Aller à Churchill, au Canada. C’est dans la baie d’Hudson. Il n’y a rien

 de particulier à voir. L’intérêt de ce voyage réside surtout dans le trajet

 pour y aller. 35 heures de train. On traverse de grandes plaines.

4- Voir une aurore boréale  - on peut en voir à Churchill.

5- Jouer de la contrebasse.

6- Rester calme et me satisfaire de l’ici et maintenant.

Je termine avec ma liste des choses impossibles que j'aimerais quand

 même bien faire.

Liste impossible :

1- Partir dans l’espace pour regarder la Terre d’en haut.

2- Approcher un trou noir.

3- Aller sur un satellite solide de Saturne, m’asseoir et admirer.

4- Ne plus avoir peur de ne pas être aimé.

5- Rencontrer Baudelaire, Choderlos de Laclos, Isidore Ducasse, Emile

 Zola, Alphonse Allais et Jean-Claude Izzo pour les remercier.

6- Retourner dans le passé changer certains choix que j’ai fait dans ma

vie, juste pour voir ce qui va se passer.



1 Commentaire :

Commentaire écrit le dimanche 10 octobre 2004 à 07:19:16 (lien)
ztwee
La ligne de bus d'un bout à l'autre c'est une chouette idée. Je m'en vais la copier et essayer de la réaliser les prochaines vacances.


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Mardi 5 octobre 2004

variations sur un poivron

Petit délire lointain sur la métamorphose de Kafka... 

MESAVENTURE

 Lorsque Georges Samba s’éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme poivron. Au début, il ne fut guère étonné de la transformation. Il crut même être au milieu d’un cauchemar. Il ferma les yeux un instant et les rouvrit à nouveau. Sa situation était la même. Sa peau était rouge et il sentait palpiter en lui ses pépins. Il chercha en vain une explication logique.

En définitive, Georges Samba était surtout ennuyé des conséquences que sa nouvelle physionomie risquait d’entraîner. Il lui était maintenant impossible de se rendre à son travail. Sa mère ne supporterait pas non plus une telle fantaisie. Et le poker du vendredi soir avec ses amis serait annulé. Il était également peiné lorsqu'il pensait à Pénélope, sa fiancée. Accepterait-elle un poivron comme futur mari ?

Finalement, Georges décida qu’il était temps de prendre son petit déjeuner. Il roula sur le coté et atterrit au pied de son lit. Après quelques tentatives infructueuses, il parvint à ramper en se contactant et en se décontractant à la manière d’une grosse chenille.

Arrivé dans la cuisine, il fut prit d’une grande soif. Il décida d’atteindre l’évier.

Il se balança d’avant en arrière afin de prendre de l’élan. Une brusque contraction lui permit de se redresser tout à fait. Puis, il se pencha le plus possible afin que sa bouche atteigne le robinet d’eau froide. Il sentit sa peau se tendre et couiner. Un moment, il frémit à l’idée de se fendre et de se répandre ainsi partout. Mais il arriva sans encombre à mordre le robinet. A la force de ses dents, il se hissa jusqu’au bac. Une fois en haut, il ouvrit l’eau et commença à boire avidement. Un immense bien-être se saisit de lui. Il redécouvrit ce plaisir simple.

Une fois sa soif éteinte, il referma, toujours avec sa mâchoire, le robinet. Puis, il s’étendit au milieu des assiettes propres qui, pour certaines, tombèrent avec fracas sur le sol et se brisèrent. Il ferma les yeux et profita de la flaque de soleil qui venait de la fenêtre. Et là, tel un bienheureux, il dégorgea tranquillement.

 



Mardi 5 octobre 2004

un poème d'autrefois

Un p'tit poème que j'ai écrit alors qu'on m'avait encagé dans les griffes de l'Armée de Terre... 

DETRESSE

 Le silence, sur le sol, s’abat.

Un goût de cendre envahit mon corps et le recouvre

D’amertume.

L’âme souffre et se tord en douceur.

La sombre potence sans âge aucun hante

Sans répit

Mon esprit échauffé par l’alcool, la déraison et le haschich.

Ne pas savoir où se réfugier

- Ne serait-ce qu’un instant –

Les barreaux de ma geôle se referment en claquant.

Et tandis que je griffe

Les murs fangeux

De ma prison,

Mon être entier

Suinte

D’un sang plus noir encore que la moire glacée.

Mais, déjà, je sens la ciguë

S’écouler dans mes veines.

Mes sens prennent la voix du non.